
Basé à Toulouse et rattaché au CNES, le GEIPAN est l'un des rares organismes publics au monde entièrement dédié à l'étude scientifique des phénomènes aérospatiaux non identifiés. Retour sur sa définition, son histoire et son fonctionnement.

Le GEIPAN, Groupe d'Études et d'Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés, est un service technique du CNES chargé de collecter, analyser, enquêter, publier et archiver les signalements de phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN). Il assure également une mission d'information du public. Il ne dépend ni d'un ministère ni d'un service de renseignement : son rattachement au CNES lui confère une culture scientifique et une indépendance vis-à-vis des impératifs de sécurité nationale, une singularité par rapport à des dispositifs comme l'AARO américain.
Le GEIPAN n'enquête que sur le territoire national français et privilégie volontairement le terme « PAN » à « OVNI ». Les témoignages recueillis prennent en effet des formes très diverses (lueurs, bruits, trajectoires inhabituelles) qui ne correspondent pas toujours à un « objet volant » identifiable.
L'histoire commence en 1977, quand Yves Sillard, alors directeur général du CNES, crée le GEPAN (Groupe d'Étude des Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) à Toulouse, avec Claude Poher comme premier responsable. Le contexte est concret : gendarmerie et armée reçoivent alors régulièrement des témoignages qu'elles ne savent pas où classer, sans grille d'analyse rigoureuse.
Le service traverse ensuite deux mues. En 1988, le GEPAN est remplacé par le SEPRA (Service d'Études des Phénomènes de Rentrées Atmosphériques), une période marquée par un retrait discret du débat public. Puis, à la suite d'un audit commandé fin 2001, le CNES restructure l'activité en 2005 et crée le GEIPAN, avec une recommandation forte de transparence envers le public. Le « I » (Information) ajouté au sigle n'est pas anodin.
Depuis 2005, le GEIPAN articule son action autour de trois axes : collecter les témoignages, les analyser, et informer le public en toute transparence. Les dossiers sont accessibles via une base de données en ligne consultable sur le site du CNES. L'organisme est supervisé par le COPEIPAN, un comité réunissant gendarmerie, police, armée de l'Air et de l'Espace, ainsi que des institutions scientifiques comme le CNRS et Météo-France. Il est dirigé depuis janvier 2024 par Frédéric Courtade.
Chaque témoignage est évalué selon deux critères : la consistance de l'observation (quantité et fiabilité des données recueillies) et son étrangeté résiduelle une fois confrontée aux explications connues. Cela donne quatre catégories :
En près de 49 ans d'existence, le GEIPAN a enregistré plus de 9 897 témoignages représentant environ 5 170 cas d'observations, dont 10 % ont fait l'objet d'une enquête de terrain. Résultat : 63,2 % des cas sont classés A ou B, c'est-à-dire expliqués par des méprises ou erreurs de perception. Les cas D1/D2, les fameux « inexpliqués », restent donc une minorité, mais ils concentrent l'essentiel de l'attention publique.
Le GEIPAN recueille les témoignages directement via son site (geipan.fr) ou par le biais de dépositions transmises par la gendarmerie ou l'aviation civile, à l'aide d'un questionnaire technique standardisé conçu pour ouvrir une enquête dans de bonnes conditions.
Sources : CNES-GEIPAN, Son histoire, cnes-geipan.fr · CNES-GEIPAN, Classification et FAQ, cnes-geipan.fr / geipan.fr · CNES, 5 choses à savoir sur le GEIPAN, cnes.fr · Wikipédia FR, Groupe d'études des phénomènes aérospatiaux non identifiés.