Il existe un match de football resté dans les mémoires pour une raison qui n'a rien à voir avec le score : celui qui a opposé la Fiorentina à la Pistoiese, le 27 octobre 1954, au stade Comunale de Florence — aujourd'hui rebaptisé Stadio Artemio Franchi — devant environ 10 000 spectateurs.
Quelques jours avant cette rencontre, la Fiorentina, entraînée par Fulvio Bernardini, s'était imposée à Ferrare face à la SPAL sur le score de 3 buts à 1, après avoir remonté un but de retard. L'équipe traverse alors une bonne période de sa saison, portée notamment par son nouvel attaquant Giuseppe Virgili.
C'est dans ce contexte que la Fiorentina retrouve la Pistoiese, son voisin toscan, quelques jours plus tard. Le mercredi 27 octobre, en plein après-midi, environ 10 000 spectateurs font le déplacement au stade Comunale — un nombre inhabituellement élevé pour ce genre de rencontre. La partie est équilibrée : le score est de 2-2 à la mi-temps.
Le phénomène ne surgit pas de nulle part. En tout début d'après-midi, avant même le début du match, des Florentins présents près du centre-ville rapportent avoir vu d'étranges objets survoler la cathédrale Santa Maria del Fiore, le Duomo de Florence, où ils restent visibles pendant une quinzaine de minutes avant de disparaître.

Un peu plus tard, alors que la rencontre se poursuit, le phénomène se répète, cette fois directement au-dessus du stade. Le public cesse de regarder le terrain pour lever les yeux vers le ciel : plusieurs objets volants non identifiés sont observés en train d'évoluer à haute altitude au-dessus des tribunes. Joueurs et spectateurs assistent ensemble à la scène, et le match est interrompu pendant environ un quart d'heure, le temps que le phénomène se dissipe.
Une fois les objets disparus, la rencontre reprend. La seconde période voit la Fiorentina hausser le ton : les joueurs inscrivent quatre buts supplémentaires, pour s'imposer finalement 6 buts à 2.
L'élément le plus troublant de cet épisode n'est peut-être pas l'apparition des objets eux-mêmes, mais ce qui suit leur départ. Une pluie de filaments blanchâtres et collants commence à tomber du ciel sur le stade et sur une partie de la ville, un phénomène que les témoins de l'époque surnomment la « bambagia silicea » (ouate siliceuse), plus connue dans la tradition ufologique sous le nom de « cheveux d'ange ».

Des échantillons de cette matière ont été recueillis et confiés à l'Institut de chimie analytique de l'université de Florence. L'analyse a révélé une composition à base de bore, silicium, calcium et magnésium — un résultat qui ne correspond pas exactement à celle de la soie d'araignée, ce qui a fragilisé l'hypothèse la plus souvent avancée pour expliquer ce genre de phénomène, celle du « ballooning », une technique de migration utilisée par certaines espèces d'araignées capables de s'élever dans les airs à l'aide de longs filaments de soie.
L'épisode du stade Comunale ne reste pas un cas isolé. Dans les jours qui suivent, des phénomènes similaires sont rapportés dans plusieurs autres villes italiennes :
Cette succession d'observations s'inscrit dans ce que les chercheurs en ufologie appellent la vague d'avistamentos de l'automne 1954, qui a touché plusieurs pays européens à la même période — sept ans seulement après l'incident de Roswell aux États-Unis, à une époque où la fascination pour les « soucoupes volantes » était à son apogée dans la culture populaire.
Plusieurs des jeunes joueurs présents sur la pelouse ce jour-là deviendront quelques années plus tard des piliers de la grande Fiorentina championne d'Italie (Scudetto 1955-56, sous la houlette de ce même Fulvio Bernardini) et finaliste de la Coupe des clubs champions européens en 1957.
Plus de soixante-dix ans après les faits, cet avistamento reste l'un des cas d'observation collective d'OVNIs les plus documentés de l'histoire italienne — porté par le nombre exceptionnel de témoins et surtout par la présence de preuves matérielles tangibles, ces filaments analysés en laboratoire. Aucune explication conventionnelle n'a permis, à ce jour, de clore définitivement le dossier.